Tout ce qu’il faut savoir sur l’exposition (et pourquoi il faut le savoir)

S’il est bien une notion indispensable à connaître quand on débute en photographie, c’est sans doute celle de l’exposition. D’abord, parce qu’elle vous permettra de comprendre comment régler votre appareil. Ensuite, parce que le fait de bien régler votre appareil vous permettra de réussir beaucoup plus facilement vos photos. 🙂

 

Qu’est-ce que l’exposition ?

L’un des principaux problèmes que l’on rencontre lorsqu’on débute, c’est de faire des photos beaucoup trop sombres ou beaucoup trop claires. On dit alors que ces images sont respectivement sous-exposées ou sur-exposées. Dans le premier cas, la photo n’est pas assez lumineuse. Dans le second cas, elle l’est trop.

L’exposition, c’est ainsi la quantité de lumière totale qui atteint le capteur numérique de l’appareil. (Juste pour info, en photographie argentique, le capteur était remplacé par la pellicule.)

Une photo correctement exposée est donc une photo qui a reçu la bonne quantité de lumière. (Ni trop, ni pas assez.)

Du coup, pour contrôler l’exposition, il faut contrôler la quantité de lumière qui vient frapper le capteur. Et pour répondre à cette question, j’ai besoin de vous expliquer rapidement comment fonctionne votre appareil. 🙂

exposition-exemple
Voici un exemple d’une même image avec trois niveaux d’exposition différents. À gauche, l’image est clairement sous-exposée (elle est trop sombre), et à droite, elle est sur-exposée (elle est trop claire).

 

Que se passe-t-il quand on prend une photo ?

Pour réaliser une photo, le capteur de l’appareil doit, comme je l’ai dit, être atteint par une source lumineuse. C’est ce qui permettra ensuite d’obtenir une image.

 

Un rideau s’ouvre : l’obturateur

Quand vous ne prenez pas de photo, le capteur de l’appareil est naturellement plongé dans le noir. Il est en fait masqué par un rideau, que l’on appelle l’obturateur. Celui s’ouvre seulement au moment où vous appuyez sur le déclencheur pour prendre votre photo.

Ce qui va être important ici, c’est la durée pendant laquelle il va rester ouvert. On appelle en effet cette durée la vitesse d’obturation ou le temps d’exposition. Celle-ci s’exprime en seconde et peut varier selon vos réglages. Par exemple, vous pouvez choisir de prendre votre photo à 1/100e de seconde, ou 1/500e, 1/1000e, etc. Dans le cas de la pose longue (sur trépied !), vous pourrez en revanche choisir un temps d’exposition plus long, de l’ordre de quelques secondes.

Vous comprendrez donc que la durée pendant laquelle l’obturateur est levé a une incidence directe sur la quantité de lumière qui frappe le capteur. Plus le rideau est ouvert longtemps, plus il y a de lumière qui atteint le capteur. À l’inverse, si le rideau est levé pendant une plus courte durée, il y a moins de lumière qui entre dans l’appareil.

 

Le rôle du diaphragme

Un deuxième paramètre entre ensuite en jeu pour contrôler la quantité de lumière qui frappe le capteur. Il s’agit de l’ouverture du diaphragme, situé à l’intérieur de l’objectif. Celui-ci permet en effet de réguler directement le débit de la lumière. C’est très simple : plus il est ouvert, plus il y a de lumière qui entre. (Et plus son ouverture est petite, moins il y a de lumière qui peut entrer.)

Ouverture du diaphragme - Exposition (Source: KoeppiK on Wikimedia Commons)
Voici à quoi ressemble un diaphragme. Dans ces trois exemples, la zone blanche correspond à l’ouverture. Plus elle est grande, plus il y a de lumière qui passe ! (Illustration par KoeppiK sur Wikimedia Commons)

 

Explication à travers un exemple

Pour le comprendre encore plus facilement, on peut faire une analogie. Imaginez que je veuille faire passer de l’eau à travers une grande planche en bois pour remplir un seau. Je considère qu’un seau correctement rempli a reçu de l’eau jusqu’à ras bord. L’eau, c’est la lumière.

Je fais donc un trou dans la planche, afin de laisser passer l’eau. Vous admettrez alors que selon la taille de cette ouverture, je pourrai faire couler plus ou moins de liquide. Ainsi, cette ouverture, c’est le diaphragme.

Maintenant, si je veux remplir mon seau à ras-bord, selon la taille du trou dans la planche de bois, il faudra que je laisse couler l’eau plus ou moins longtemps. Ça, c’est la vitesse d’obturation. 🙂

Résumons donc ce qui se passe au moment où vous prenez une photo :

  1. Vous appuyez sur le déclencheur.
  2. La lumière passe à travers le diaphragme de l’objectif. Son ouverture régule la quantité de lumière qui peut passer à travers.
  3. L’obturateur se lève pour que la lumière, qui vient de passer à travers le diaphragme, puisse atteindre le capteur. Il reste levé pendant le temps qu’on a défini, ou qui a été défini par l’appareil. (De l’ordre de quelques secondes à moins d’une seconde.)
  4. L’obturateur redescend et replonge le capteur dans le noir.

 

exposition-schema-explicatif

 

Le triangle d’exposition

Maintenant qu’on a compris comment fonctionne un appareil, on va pouvoir s’intéresser aux trois paramètres qui peuvent influencer l’exposition d’une photo. Ceux-ci forment le triangle d’exposition. On en a d’ailleurs déjà vu deux : la vitesse d’obturation et l’ouverture du diaphragme. Le troisième, c’est la sensibilité ISO.

Triangle d'exposition

La vitesse d’obturation

La vitesse d’obturation, aussi appelée le temps d’exposition, c’est donc la durée pendant laquelle le capteur reçoit de la lumière. Sur votre appareil, celle-ci est souvent inscrite de la sorte :

  • 1/100 : un centième de seconde
  • 1/1000 : un millième de seconde
  • 2’’ : deux secondes
  • etc.

Mon boîtier reflex permet par exemple un temps d’exposition compris entre 30 secondes et 1/8000e de seconde. Bien évidemment, les temps d’exposition longs, qui commencent aux alentours de 1/25e et se chiffrent ensuite en secondes, nécessiteront de disposer d’un trépied pour que l’appareil soit correctement stabilisé et ne bouge pas. Sinon, c’est le flou assuré !

Parlant de flou, j’en viens à l’une des raisons pour lesquelles il est important de savoir contrôler la vitesse de son appareil : le flou de bougé. En effet, si vous prenez régulièrement des photos en mode Automatique, vous avez dû vous rendre compte que certaines photos laissaient apparaître les sujets en mouvement avec une sorte de « trainée ». (Le plus souvent très inesthétique !) Cela vient tout simplement du fait que la vitesse n’était pas assez élevée pour figer le mouvement.

Si vous devez par exemple photographier un animal qui court, choisissez donc le mode Priorité Vitesse, et privilégiez un temps d’exposition très court. (Par exemple 1/1000e.)

exposition : vitesse d'obturation
Sur cet exemple, la vitesse d’obturation est réglée à 1/30. On voit bien que c’est loin d’être suffisant pour figer la voiture. (Même les jambes du piéton, à droite, présentent un flou de bougé.) D’où l’intérêt de choisir une vitesse plus rapide dans ce genre de situation.

 

L’ouverture du diaphragme

L’ouverture, c’est la quantité de lumière que laisse passer le diaphragme, ou plutôt son débit. Il permet de réguler cette quantité.

La valeur d’une ouverture donnée s’écrit avec la lettre F, suivie d’un nombre. Par exemple, F/1.8 correspond à une grande ouverture, et F/22 à une petite ouverture. (Oui, c’est inversé : plus le nombre est petit, plus l’ouverture du diaphragme est grande.)

Vous comprendrez donc qu’à F/1.8, le diaphragme laisse entrer beaucoup plus de lumière qu’à F/22. À noter cependant qu’une ouverture à F/16 n’est pas deux fois plus grande qu’une ouverture à F/8. (Il n’y a pas de proportionnalité directe entre ces valeurs.)

Il est aussi à savoir que l’ouverture du diaphragme est conditionnée par l’objectif. Je veux dire par-là que tous les objectifs ne permettent pas la même ouverture. Dans tous les cas, cette valeur est inscrite sur l’objectif lui-même. (Par exemple, certains ont une ouverture maximale à F/1.8, d’autres à F/3.5, etc.)

Ouverture du diaphragme Schéma - Exposition

 

 

Comment jouer sur la profondeur de champ

Outre le fait de réguler la quantité de lumière qui atteint le capteur, l’ouverture du diaphragme permet aussi de contrôler la profondeur de champ. Grosso modo, c’est ce qui fait que les différents plans de l’image sont nets ou flous. Par exemple, si je photographie un sujet avec une montagne en arrière-plan à F/3.5, et que je fais ma mise au point sur celui-ci, alors je pourrai obtenir une faible profondeur de champ, ce qui permettra de flouter l’arrière-plan. En revanche, si je prends cette même photo à F/22, il y a plus de chances pour que le montagne soit nette, comme le sujet.

D’autres paramètres entrent en jeu lorsqu’il est question de jouer sur la profondeur de champ, comme la distance entre l’appareil et le sujet, et entre le sujet et l’arrière-plan. J’en parlerai dans un prochain article. 🙂

Pour vous exercer à jouer sur l’ouverture du diaphragme, je vous invite en attendant à utiliser le mode Priorité Ouverture. (Comme son nom l’indique !)

exposition-profondeur-de-champ
La même photo prise avec une ouverture différente. À gauche : F/29. À droite : F/5. On voit que l’objet situé en arrière-plan est plus ou moins net selon l’ouverture choisie.

 

La sensibilité ISO

Tout à l’heure, je vous ai dit que pour obtenir une photo, il fallait que la lumière atteigne le capteur de l’appareil. Eh bien, la sensibilité à la lumière de ce capteur peut varier : c’est ce qu’on appelle la sensibilité ISO. Ainsi, plus la valeur des ISO est élevée, plus le capteur est sensible à la lumière et plus l’image est lumineuse.

Il est à noter que des trois paramètres de l’exposition que je vous ai présentés, la sensibilité ISO est le dernier auquel vous devez recourir. En effet, le plus souvent, je la laisse d’ailleurs en mode automatique. En fait, selon la vitesse ou l’ouverture que vous avez définies, le logiciel de l’appareil est capable de définir lui-même la sensibilité ISO qui convient pour exposer correctement la scène. (Et il le fait plutôt bien.)

Attention cependant à ne pas trop augmenter la valeur des ISO. On pourrait en effet se dire que c’est bien pratique, car cela rend l’image plus lumineuse. C’est exact, et c’est fait pour ça. Malheureusement, à trop monter dans les ISO, on prend le risque de laisser apparaître du grain sur l’image.

À partir de quand le grain apparaît-il ? Eh bien, ça dépend à la fois de votre appareil et des circonstances de la scène. Je vous conseille donc de faire des tests avec votre propre matériel pour évaluer la valeur maximale à ne pas dépasser.

exposition-bruit-grain
J’ai volontairement ajouté du grain (aussi appelé « bruit ») sur la partie droite de cette image, pour vous montrer à quoi cela ressemble. Lors de la prise de vue, on le trouve le plus souvent dans les zones sombres de la photo.

 

Une petite astuce au passage

J’ai dit que je réglais la sensibilité ISO en mode automatique. Mais que se passe-t-il si l’appareil décide de compenser le manque de luminosité avec une valeur ISO beaucoup trop élevée, qui laisse apparaître du bruit sur la photo ? Le résultat n’est pas terrible. Je vous invite donc à vous rendre dans les réglages de votre appareil et à définir une plage ISO. Il s’agit des valeurs minimales et maximales que votre appareil s’autorisera à utiliser en mode ISO automatique.

 

Comment savoir si une photo est vraiment bien exposée ?

Il y a toujours une part de subjectivité dans le jugement de l’exposition d’une photo. Néanmoins, il est des cas où la sur-exposition et la sous-exposition sont indéniables. L’oeil le perçoit immédiatement. Malheureusement, il peut aussi être induit en erreur par la luminosité de l’écran sur lequel on regarde la photo. (Combien de fois j’ai cru avoir correctement exposé une photo parce que mon écran LCD était trop lumineux !)

Bref, pour être sûr que votre exposition est correcte, je vous invite à consulter l’histogramme de votre photo. C’est un petit graphique que vous pouvez afficher dans votre appareil. (Je vous renvoie lâchement à votre notice 🙂 ) Vous pouvez aussi le consulter sur un logiciel de retouche photo comme Lightroom.

exposition-histogramme
L’histogramme tel qu’il apparaît dans Lightroom.

L’idée, c’est que l’histogramme soit le plus homogène possible. En effet, les valeurs sombres sont situées à gauche et les valeurs claires à droite. Si vous avez un pic d’un côté ou de l’autre, alors l’image est soit sur-exposée, soit sous-exposée. Enfin, gardez bien en tête qu’il n’y a pas d’histogramme parfait.

Exemple histogramme - exposition
Voici l’histogramme associé à chacune de ces trois images. Pour une photo correctement exposée, il faut éviter les pics à gauche et à droite.

 

Sur-exposition ou sous-exposition : quel est le pire ?

Autant dire tout de suite qu’il faut éviter l’un et l’autre. Néanmoins, en photographie numérique, ayez à l’esprit qu’une photo sur-exposée, donc trop claire (on dit qu’elle est « cramée »), est très difficile à rattraper. En effet, les logiciels de post-traitement ne permettent pas de récupérer du détail dans les zones blanchies par la lumière. En revanche, c’est tout à fait possible de ré-éclaircir des zones très sombres. (Mais gare au grain !)

En photographie argentique, par contre, c’est l’inverse. Les zones sombres sont beaucoup plus difficiles à corriger lors du développement que les zones claires.

 

Pourquoi utiliser les modes Priorité Ouverture et Priorité Vitesse ?

L’intérêt de comprendre les grands principes de l’exposition, c’est de quitter le mode Automatique de votre appareil. À la place, je vous recommande les modes Priorité Ouverture (nommé A chez Nikon, Av chez Canon) et Priorité Vitesse (S chez Nikon, Tv chez Canon), qui comme leur nom l’indique, donnent la priorité soit à l’ouverture, soit à la vitesse.

Prenons un exemple avec le mode Priorité Ouverture. Si vous choisissez une ouverture à F/3.5, l’appareil définit automatiquement une vitesse qui permet d’obtenir, selon lui, l’exposition la plus correcte. (Ainsi que les ISO, si vous les avez laissés en mode automatique.)

Il arrive cependant que la vitesse ou les ISO ne soient pas bien définis par l’appareil pour arriver à une exposition satisfaisante. Dans ce cas, vous pouvez utiliser la correction d’exposition, qui permet de sous-exposer ou sur-exposer la scène selon vos besoins. Je n’entre pas plus dans les détails ici et je parlerai de ça dans un futur article. 🙂

 

Le mot de la fin

Voilà, on en a fini pour les bases sur l’exposition. J’ai abordé plusieurs sujets, parfois un peu rapidement, mais je reviendrai sur certains d’entre eux dans de futurs articles. (Histoire d’aller plus loin !)

J’espère simplement que vous avez maintenant compris pourquoi il est important de comprendre le fonctionnement de l’exposition. Je le répète : cela doit vous aider à régler votre appareil photo, selon les circonstances que vous rencontrez ! (Car il n’y aura jamais de réglage « type ».)

Pour résumer, voici les trois paramètres du triangle d’exposition :

  • La vitesse d’obturation (ou le temps d’exposition) : C’est la durée pendant laquelle l’obturateur reste levé. Bref, c’est le temps qu’il faut pour prendre la photo.
  • L’ouverture : C’est la quantité de lumière que laisse entrer le diaphragme. On peut dire qu’il en régule le débit.
  • La sensibilité ISO : C’est la sensibilité du capteur à la lumière.

Et pour finir, si cet article vous a bien renseigné et vous a plu, n’hésitez pas à le partager ! 🙂

Geoffrey Humbert

Je m'intéresse à la photographie depuis quelques mois, et j'ai décidé de créer ce blog pour partager ce que j'apprends, ainsi que ce qui m'enthousiasme. :)

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